Comment calculer l'efficacité du cycle Rankine d'une centrale à vapeur
Calculez l'efficacité η du cycle Rankine (1859) pour centrales thermoélectriques à vapeur. Subcritique, supercritique USC 600°C 300 bar — base d'EDF, Engie, GE Steam Power, Siemens Energy, Areva, NIST.
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Comment calculer l'efficacité du cycle Rankine d'une centrale à vapeur permet d'estimer le rendement thermique des centrales thermoélectriques, nucléaires, géothermiques et CSP solaires thermodynamiques. Le cycle fut formalisé par William John Macquorn Rankine (Glasgow 1859). Le cycle standard a 4 processus : pompage liquide, chauffage+vaporisation en chaudière, expansion adiabatique en turbine, condensation. L'efficacité idéale est η = (W_turbine - W_pompe)/Q_chaudière. Pour subcritique 167 bar/540°C : η=38-40% ; supercritique 240 bar/566°C : η=42-43% ; USC 300 bar/600°C : η=45-47% ; A-USC 700°C : η>50%. C'est le fondement du design chez EDF (56 réacteurs nucléaires), Engie, Areva, Framatome, et industriels comme Alstom (racheté par GE/Siemens).
1. Cycle Rankine et condensation
(
- Pompage adiabatique de l'eau liquide du condenseur (p≈0,05 bar) à la pression chaudière (100-300 bar) ; (
- chauffage+vaporisation+surchauffe en chaudière (T_max 540-600°C) ; (
- expansion adiabatique en turbine HP/IP/LP ; (
- condensation isobare. Carnot idéal à 600°C/33°C : η=65%. Rankine réel 35-47%
2. Cycles Rankine typiques
- Subcritique charbon 167 bar/540°C — η=38-40%, EDF Cordemais (fermée).
- Supercritique 240 bar/566°C — η=42-43%.
- USC 300 bar/600°C — η=45-47%.
- A-USC 700°C — η>50%, programme EU AD700.
- Nucléaire PWR 70 bar/280°C — η=33%, EDF Flamanville EPR, Civaux, Chooz, Bugey, Penly, Tricastin.
- CSP solaire thermodynamique — η=35-42%. Themis France-Espagne expérimentale.
- ORC géothermique Bouillante Guadeloupe — η=8-22%.
- WHR industriel — récupère 100-300°C des gaz d'échappement.
3. Domaine de validité et corrections
Le cycle Rankine idéal suppose des processus réversibles. Pertes réelles : η_turbine 88-92%, η_pompe 80-85%, pertes chaudière 5-8%, pression 2-3%, condenseur imparfait 50-70 mbar, auxiliaires 5-8%. Améliorations modernes : régénération avec préchauffeurs, resurchauffe intermédiaire, USC 300 bar/600°C, aérocondenseurs pour zones désertiques. Codes Aspen Plus, Thermoflex, gPROMS, EBSILON Professional simulent le cycle complet.
4. Exemples numériques
Exemple 1 — Subcritique 167 bar/540°C, T_cond=33°C. η_idéal=40,4%, réel=38%.
Exemple 2 — USC 300 bar/600°C. η=46% réel.
Exemple 3 — Nucléaire PWR Flamanville 70 bar/280°C. η=33% par vapeur saturée.
5. Applications pratiques
- Centrales thermoélectriques : France ~70% nucléaire, ~10% gaz CCGT. EDF opère 56 réacteurs nucléaires PWR (Hinkley Point, Flamanville EPR, Olkiluoto Finland avec Areva)
- Centrales nucléaires : 70% électricité française, plus haute proportion mondiale. EDF opère Bugey, Tricastin, Civaux, Cattenom, Belleville. Olkiluoto 3 EPR (1600 MW, partenariat Areva-Framatome)
- CSP : Themis Pyrénées-Orientales (expérimentale), CNRS-PROMES Odeillo. France importa technologie d'Espagne (Gemasolar)
- Géothermie : Bouillante Guadeloupe (CFG Services, 15 MW), Soultz-sous-Forêts Alsace (EGS prototype). Limited en métropole
- WHR industriel : cimenteries Lafarge Holcim, verreries Saint-Gobain, aciéries ArcelorMittal récupèrent 50-150 MW par usine via ORC
- Cogénération : Engie Cofely réseaux chaleur urbains Paris, Lyon, Marseille
6. Comparaison avec autres cycles thermiques
Brayton (turbine gaz) : η 35-42%. CCGT (Brayton+Rankine) : η 60-64% (record GE 9HA.02 EDF Bouchain 62,2%). Stirling idéal=Carnot, réel 30-40%. Otto/Diesel : η 30-50%. Pour basse enthalpie géothermique et WHR, ORC avec fluides à bas point d'ébullition surpasse Rankine eau. Cycle Kalina (1984) H₂O-NH₃ : 5-10% mieux que Rankine pure. Cycle sCO₂ supercritique futur pour Gen IV nucléaire et CSP.
7. Cas particuliers et développements futurs
Pour cycles A-USC 700-720°C, nouveaux matériaux (Inconel 740H, Sanicro 25). Programmes EU AD700, US DOE A-USC, Chine/Inde HUSC. Pour nucléaire Gen IV : cycle Brayton sCO₂ ou Rankine avancé (projet Astrid CEA abandonné). Pour fusion ITER+DEMO Cadarache : He primaire+Rankine secondaire. Pour CSP : augmenter T_max via stockage sels fondus 565°C ou solides 850°C. Pour géothermie profonde : ORC amélioré 22-25%. Pour récupération chaleur industrielle : ORC siloxanes pour T 300-450°C. Recherche CEA, IFP Énergies Nouvelles, CNRS-PROMES.
Mis à jour en juillet 2026
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